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Repenser collectivement Boulègue TV #1

Avant d’entamer une nouvelle saison, Boulègue TV a invité les acteurs de la télévision participative du 3e arrondissement à un temps de réflexion pour se mettre au diapason de ce qu’est, a été, devrait ou pourrait être cet objet commun et outil partagé.  

 

Nombreuses, nombreux, sont celles et ceux qui se sont succédés ou croisés dans cette aventure audiovisuelle (et hautement humaine !) depuis son lancement en 2010 par Les Têtes de l’Art. Restés mobilisés par son actualité, chacun a de la télévision une pratique singulière, de par sa personnalité et la façon dont il prend place dans son activité et son histoire : habitants et acteurs du territoire, intervenants professionnels, salariés ou membres du CA des Têtes de l’Art, ex et actuelles équipes en Service Civique… C’est à partir de ce présent, ces présences, et leurs façons de se (re)présenter, que s’invente l’avenir de ce média participatif.

 

I – BANDE ANNONCE

Lors de cette journée de réflexion autour de Boulègue TV, le premier objet proposé à l’analyse fut précisément la vidéo de présentation de la télé : ce que cette “bande-annonce” donne à voir du quartier, de ses habitants, du média participatif lui-même. Quel réel traduisent ces images au regard des expériences respectives de ceux qui les ont traversées ? Chacun semble s’y retrouver, même si bien sûr l’habillage graphique de la « télépart’ » doit désormais être revu avec celui de “Boulègue”, sa nouvelle appellation. Et le format vivant et original « Open plateau » (émission multi-caméras diffusée en direct), mérite d’y être pleinement intégré. Pour autant, voit-on assez à l’image les process, ce qui se joue derrière la caméra, les habitants eux-mêmes tenir l’outil en main ? Et ceux qui les accompagnent ? Peut-on filmer à 360° ? Autre question à partir de ce que peut exprimer un tel objet, élargie aux autres productions de la télé : comment se croisent nos regards, nos langages ? Comment le registre d’expression propre au quartier, peu lisse et très métissé, se traduit-il en images sans perdre sa saveur ? Les attentes, les attitudes d’ici, qui débordent parfois du cadre, même en HD, ça donne quoi en 2D ?

 

En définitive, on peut se référer aux fondamentaux exposés dans l’exercice de style synthétique qu’impose un teaser, qui peuvent être repris et réaffirmés tels quels. En 5 dimensions, Boulègue TV est bel et bien :

– Une télévision associative du quartier
des quartiers pourrait-on même dire : Saint-Lazare, La Villette, Belle-de-Mai, Saint-Mauront
Un projet collectif pour s’exprimer
un outil d’expression par ses habitants
Une autre vision du 3e arrondissement de Marseille
un outil de valorisation territoriale
Un outil de création
de la fiction au reportage, tous types de réalisations
Un outil d’apprentissage
ateliers, écoles, centres sociaux…

 

II- SCÈNES DE DIALOGUE

Comment dès lors s’investissent et se répartissent les énergies à travers ces différentes directions ? Suivent des affirmations volontairement clivantes, par rapport auxquelles il est demandé à chacun de se positionner afin de déployer des argumentaires collectifs en pour ou contre. Un dialogue pour prendre la mesure de ce qu’impliquent certains principes, et au-delà des jeux de postures, en nourrir le sens, parfois en les reformulant ou en les adaptant.

 

« Dans une télévision participative,

tout doit être décidé par les participants, rien ne peut être réalisé sans eux »

 

D’expérience, chaque tournage est un cas particulier, qui n’obéit pas à une fabrication type ; pour des raisons logistiques aussi bien que de compétence ou d’expérience, des rôles différents et complémentaires sont à assurer : il existe au cas par cas différents degrés de participation (information, consultation, concertation et co-décision). Il y aurait un paradoxe à croire que dans un média qui défend des positions subversives, tout puisse se résoudre au consensus.

 

Garder un objectif de participation maximale n’empêche pas d’organiser des principes de gouvernance : le format « séminaire » par exemple, qui permet d’affirmer, conforter ou confronter des principes et stratégies communes, n’a pas vocation à décider ce qui se détermine en comité de pilotage (grandes orientations trimestrielles dessinées en interne) ou en comité éditorial (engagements pris par l’ensemble des participants sur des réalisations concrètes).

 

« Nous sommes le 3e »

Le 3e est-il une frontière ? Il parle à lui seul de tout Marseille, mais mesure-t-on ce qu’évoque ce chiffre au-delà ? S’agit-il de la 3e roue du carrosse ? D’une allusion au tiers-secteur ?
On peut aussi s’interroger : s’il y a un « nous », qui serait « l’autre » ?

 

A défaut de prétendre « être » le 3e, on peut légitimement revendiquer « d’en être ». Boulègue, qui le traverse, y trouve et laisse des traces de longue date : plus ou moins visibles, plus ou moins extérieures, ou intérieures. L’open cartographie de la télé, basée sur ses relations partenariales, ne vise pas à rendre compte de la profondeur de chacune des actions. Mais cette carte évolutive, au-delà d’offrir une vision schématique, parle bien de ce qui se passe dans l’espace : elle s’est construite et continue à se développer à l’épreuve de la réalité du territoire, multiple…

 

« Une meilleure diffusion, c’est plus de téléspectateurs. »

Un film est fait pour être vu : aborder la question du nombre de personnes touchées n’est pas illégitime. Mais pour ne pas subir le diktat de l’audimat, les différents modes de diffusion doivent être considérés en priorité sous un angle qualitatif (avec ce qui se joue en amont, de la façon qu’ont les partenaires de participer à la mobilisation : l’image crée-t-elle de la parole, du débat ?) La chaîne Youtube de Boulègue TV a été revue dans son organisation, cela reste une plateforme grand public, mais les chemins pour y accéder, notamment le site portail de la télévision participative doivent être remis à jour. Enfin, pour notre objectif qui est prioritairement de créer du lien social : combien de téléspectateurs vaut ne serait-ce qu’un spectateur actif dans un débat lors d’une projection in situ ?

 

III – SCENARIOS D’AVENIR

L’après-midi, l’objectif est donné de se focaliser sur des propositions appliquées à des domaines concrets :

Participation et couverture territoriale

Production, diffusion, moyens du projet

 

Par la technique des « murs parlants et tournants », permettant de s’exprimer à tour de rôle sur paperboards, chacun des domaines se retrouve vite saturé d’une multitude de micro-propositions. Cette seule séance ne prétendant pourtant pas épuiser d’aussi vastes sujets, chaque question, d’un mot-clé, ouvre une ou plusieurs hypothèses appliquées à un projet. Quelques uns pour exemple :

 

Temporalité de nos actions sur une saison par rapport à l’activité continue d’un territoire : et si on ouvrait un créneau de séances « Open atelier » en soirée ?

 

Mobilisation : toujours à vivifier par un travail de fond, partenarial et de terrain, d’individu à individu ou à l’appui de personnes et structures ressources : qui sera à nos rendez-vous à Félix Pyat ?

 

Diversité de nos productions : sujets brûlants ou latents, de formats libres et sans tabou autre que la décence ou la loi… Pour parler d’amour, comme nous le ferons au Grand Comptoir au printemps dans le cadre de MP2018 à Saint-Mauront, ou encore déplacer les regards sur les migrations, objectif du projet européen « Displaced in Media », nos clés de décalage restent les mêmes : humour, poésie et impertinence – elles ouvrent à des expressions artistiques tout terrain.

 

Diffusion : pour essaimer sur les écrans et lieux en tous genres existants dans le quartier, s’essayer aux outils matériels et logiciels open source est une façon de favoriser l’appropriation, qui questionne aussi la « fracture numérique » et l’équité territoriale, dans cet arrondissement qui reste le seul de Marseille à ne pas bénéficier de connexion à la fibre optique…

 

Un work in progress pour que des synergies continuent à se trouver dans l’action, et en réseau avec d’autres médias citoyens ou audiovisuels participatifs.

 

Pour en savoir plus et vous impliquer dans ce projet participatif, n’hésitez pas à nous contacter (bouleguetv@lestetesdelart.fr / 06 01 77 34 90) ou à passer directement nous voir au Comptoir de la Victorine.
Pour cela notamment, des temps privilégiés :

– Le prochain Comité éditorial de la télévision participative aura lieu le Mardi 30 janvier 2018 de 18h à 20h : merci de confirmer votre participation !
– Nous reprenons à partir de février les Open ateliers, ouverts à tous les mardis de 14h à 16h et les jeudis de 18 à 20h, en libre accès sur inscription aux Têtes de l’Art – qu’on se le dise !

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